Historique

Qui est Dollard-des Ormeaux ?

image-dollard-des-ormeauxDollard des Ormeaux est devenu un véritable mythe au Québec. D’abord oublié puis redécouvert par l’histoire il y a environ 150 ans, Dollard est devenu un icône culturel, un symbole de patriotisme et de courage. On lui a élevé une statue, on a donné son nom à une ville de l’ouest de l’île de Montréal, on a même rebaptisé le congé de la fête de la reine en son honneur. Mais qui était vraiment cet homme?
 
L’homme derrière le mythe. Adam Dollard, sieur des Ormeaux, est recruté par Maisonneuve et se défriche une terre dans la petite colonie de Ville-Marie (Montréal). Âgé de 25 ans et arrivé en Nouvelle-France depuis deux ans, il est maintenant officier de la garnison et occupe un petit poste de commandement. L’agriculture l’intéresse très peu, le jeune Dollard rêve de gloire et d’aventure.
 
La situation n’est pas rose en 1660. La Nouvelle-France est au bord de la catastrophe. La population de la colonie ne dépasse toujours pas 1500 habitants dont 400 seulement à Montréal. Les Iroquois multiplient leurs raids sanglants sur la colonie et les habitants de Ville-Marie vivent dans un état de siège presque constant. Les guerres iroquoises rendent la traite des fourrures presqu’impossible, les colons vivent à crédit et les marchands parlent de quitter le pays. Comme si ce n’était pas assez, une rumeur court selon laquelle les Iroquois s’apprêtent à donner le coup de grâce à la colonie française.
 
Dollard a un plan
 
Dollard n’est pas du genre à s’asseoir et à attendre. Il a un plan qui pourrait, croit-il, faire respirer un peu Montréal. Vers la fin de l’hiver, il rencontre Maisonneuve et lui expose son projet. Le Long-Sault, sur la rivière des Outaouais, est un endroit stratégique sur la route des fourrures. Les Iroquois y passent en revenant de la saison de la chasse en route vers la Nouvelle-Angleterre où ils vendent leurs peaux de castors aux Anglais. Les coureurs des bois français et leurs alliés amérindiens n’attendent que l’ouverture du Long-Sault pour ramener en Nouvelle-France leurs précieuses fourrures. Dollard propose de s’embusquer au Long-Sault et de surprendre les bandes de chasseurs iroquois dispersés et encombrés par leurs cargaisons de fourrures.
 
Maisonneuve n’est pas convaincu que ce soit une bonne idée, mais Dollard ne lâche pas. Il réussit à entraîner dans son projet 16 jeunes colons de son âge, en plus de deux fils de famille, Charles Lemoyne et Pierre Picoté de Belestre ainsi que du sergent-major de la garnison, le légendaire Lambert Closse. Par chance, ces trois derniers décideront de rester à la dernière minute, saison des semences oblige. Lorsqu’un groupe de 40 guerriers hurons et de quatre Algonquins commandé par le grand chef Annaotaha décide de se joindre à l’expédition, Maisonneuve ne peut plus refuser. Dollard signe son testament et part à l’aventure. Le groupe met quelques Iroquois en fuite à la hauteur de l’île Saint-Paul (maintenant Île-des-Soeurs), traverse le lac des Deux-Montagnes et atteint le Long-Sault le premier mai.
 
La bataille du Long-Sault
 
Là, ils tentent de fortifier du mieux qu’ils peuvent les restes d’un petit fortin algonquin délabré. Mais avant qu’ils aient le temps de compléter leur besogne, les Iroquois arrivent! Il ne s’agit pas d’une petite bande de chasseurs, mais d’au moins 300 Iroquois, fortement armés, sur le sentier de la guerre! La rumeur est bien vraie, les Iroquois se préparaient à attaquer massivement la Nouvelle-France. La première vague d’attaques est repoussée par les Français et leurs alliés mais ce n’est que partie remise, les guerriers reviennent à la charge, seulement pour être repoussés une seconde fois! Toujours aucune perte chez les Français et leurs alliés! Le manège se répète une troisième fois.
 
Si ces premières victoires rendent les Français optimistes, cela est sur le point de changer. Les Iroquois survivants sont bientôt rejoints par 600 nouveaux guerriers venus à la rescousse des îles du Richelieu. Pris de panique, plusieurs Hurons désertent le fort et tentent de s’enfuir, révélant à l’ennemi le petit nombre de ses défenseurs. Les fuyards sont immédiatement massacrés. Les Iroquois redoublent d’ardeur. Après plusieurs jours de carnage où les denrées se font de plus en plus rares et où toute fuite est impossible, Dollard effectue une manoeuvre désespérée. Il allume un baril de poudre et tente de le lancer aux Iroquois à l’extérieur du fortin. Comble de malheur, le baril s’accroche à une branche et retombe dans le fort. L’explosion tue plusieurs Français, et les Iroquois ont tôt fait d’investir le fort. Un seul Huron survit au massacre et racontera par la suite les événements tragiques du Long-Sault.
 
Lorsque les Iroquois pénètrent finalement dans le fort, il ne reste que cinq Français et quatre Hurons toujours vivants. Un des prisonniers français, trop blessé pour être transporté, est torturé à mort sur place. Les Agniers, les Onneiouts et les Onontagués se partagent les quatre autres prisonniers français. Ils sont amenés dans les villages iroquois, torturés et très probablement dévorés, comme le veut la coutume guerrière des nations amérindiennes.
 
Montréal est sauvé!
 
Malgré leur victoire finale, les Iroquois se trouvent terriblement décimés. Ils jugent leurs nombres insuffisants et remettent leurs plans d’invasion à plus tard. Le sacrifice des vaillants Français et de leurs courageux alliés ne fut donc pas en vain. Dollard des Ormeaux et ses amis ont sauvé Montréal et la Nouvelle-France, au prix de leur vie.
 
Radisson et Des Groseillers profitent de l’accalmie pour ramener à Québec 60 canots remplis de fourrures d’excellente qualité. Cette « manne céleste », selon un témoin de l’époque, relancera quelque peu l’économie coloniale.
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